Oui, tout contre moi était blottie une princesse endormie. De ses lèvres légèrement entrouvertes s'échappaient le doux souffle des gens paisiblement endormis. Dieu, qu'elle était attendrissante.
D'un geste lent, encore endormi, je passai ma main dans ses cheveux courts et brillants sans toutefois la réveiller. Avec les efforts fournis la veille, elle méritait bien son temps de repos.
Je me blottis un peu plus contre son corps délicat et fermai les yeux un instant, profitant alors pleinement de la situation. Une reine comme elle, je l'avais rêvée sans croire qu'un jour je la trouverais. Mais elle avait fini par arriver, un beau jour, avec son sourire dévastateur anéantissant ainsi les dernières barrières qu'il me restait. Très vite, elle devint pour moi une citadelle que je m'efforçais en vain de protéger. Pourtant, je n'avais pas de soucis à me faire à ce niveau-là, elle possédait bien assez de caractère et de réparti pour rendre à l'étât de microbe quiconque s'y attaquerait. Mais, je voulais la garder, la protéger comme un trésor inestimable: tout ce qu'elle était à mes yeux.
J'ouvris alors pour la deuxième fois du jour mes paupières afin de regarder l'heure: 10h00. Je m'étirai délicatement, baillai et posai mon regard sur elle. Je ne pus résister alors à l'envie subite de déposer un baiser sur ses lèvres et me retirai doucement. Ce geste eut don de la tirer de ses rêves et j'eus droit à un grognement très raffiné en guise de salutations.
"Bonjour vous" osais-je avec un demi sourire.
Le demoiselle, n'étant pas du matin, me prit quand même dans ses bras et ses lèvres douces vinrent rencontrer mon cou, ce qui eut le don de me faire frissoner agréablement.
"Tu as bien dormi, mon bébé?" sussura la douce au creux de mon oreille.
Elle n'obtint, pour unique réponse, qu'un grand sourire. Savait-elle à quel point il m'était agréable d'être à ses côtés?
Mes lèvres vinrent alors percuter les siennes dans un mélange de douceur et d'envie et, comme ce qui suivit ne vous regarde pas, je laisse à votre doux imaginaire le soin d'établir ce qui pourrait simplement s'appeler "l'Amour".
© The Hell's Paradize, 2006